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La première conférence sur les « Enjeux et perspectives des Biocarburants pour l’
Afrique », organisée en Novembre 2007 à Ouagadougou a mis en évidence les opportunités que pouvaient représenter les
biocarburants pour le continent africain. En se proposant d’analyser la question du développement des biocarburants
en
Afrique aussi bien dans ses dimensions technologiques, agronomiques et environnementales que dans ses aspects
institutionnels et politiques, la conférence s’est voulue un lieu privilégié d’échanges et de débats entre les
décideurs
politiques et économiques, les experts techniques et la société civile des pays africains.
Suite à l’ensemble des débats qui ont eu lieu durant cette conférence, les
recommandations mettaient assez
clairement en évidence, en considérant l’horizon de la fin du pétrole accessible et
bon marché, les diverses opportunités
pour l’Afrique de se doter de solutions de remplacement à partir de sa
biomasse.
Depuis cette
première conférence, le contexte mondial a changé. En effet, dans
un contexte mondial de hausse des prix des matières
premières et sur fond de crise alimentaire et financière, les
enjeux liés aux biocarburants ont évolués. En effet, l’Afrique
–pour qui l’accès à l’énergie reste un sujet
difficile à résoudre, porte un intérêt croissant face aux solutions innovantes
et diversifiées proposées par les
biocarburants. Lorsque des voix au Nord appellent à un moratoire sur les biocarburants, et
font valoir les problèmes
liés à l’occupation des terres sans jamais remettre en question les systèmes agricoles en place,
l’Afrique se défend
de proscrire les biocarburants. En effet, alors que l’agriculture africaine reste peu intensive, les
bioénergies
pourraient être une solution à l’essor des filières agricoles et un mécanisme efficace de lutte contre la
pauvreté
quand des terres restent assez largement disponibles.
Compte tenu de la
dynamique engagée et des besoins d'information technique sur les performances possibles des biocarburants, il
apparait
utile de jalonner le développement des biocarburants par une nouvelle rencontre rassemblant l’ensemble des
acteurs de la
filière.
Cette logique ne pourra se faire sans la mise en place
d’un cadre
institutionnel et réglementaire précis, et d’une approche régionale sous l’égide de la CEDEAO et de l’
UEMOA. Cette démarche
permettra de mutualiser les expériences et de travailler à la normalisation et à la
certification des projets africains
selon des critères spécifiques prenant en compte leurs contraintes
socioéconomiques et la nature de leur
environnement.
De même, les conclusions
des recherches menées autour des impacts
environnementaux, sociaux et économiques des biocarburants doivent à
présent permettre aux acteurs de l’Afrique de trancher
ces questions afin de se positionner sur l’échiquier mondial
et de défendre « un point de vue Africain ».
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